Continuons notre cycle sur la PMA (lien premier article PMA) en abordant aujourd’hui une thématique importante : le soutien des proches. Famille, amis, collègues… Vous vous êtes peut-être retrouvé impuissant face à quelqu’un qui est en processus de PMA depuis peu ou depuis longtemps. Si vous êtes désarmé, nous allons vous donner quelques pistes sur la meilleure manière de soutenir, au mieux, ceux que vous aimez dans ce parcours qui n’a rien d’anodin. Je m’appelle Chloé Dalibon, je suis la rédactrice du blog de Popote depuis 2017, je suis en parcours de PMA depuis plus de 2 ans avec ma future femme et je suis plutôt bien placée pour parler de ce sujet délicat. Et même s’il n’existe aucune baguette magique, aucune solution toute faite, voyons ensemble comment vous pouvez apporter une petite dose de joie à ces couples ou à ces femmes qui, il faut le dire, se sentent parfois très seul.e.s.
Faisons un point sur le rôle précieux des proches :
- Se poser la question c’est déjà montrer de l’empathie
Si vous nous lisez, c’est que vous êtes déjà en train de comprendre quelques rouages du parcours de PMA et vous souhaitez, du mieux possible, être utile. C’est déjà un énorme pas, cela témoigne une profonde empathie et pour cela, vous êtes déjà précieux pour votre ou vos amis.
– Accepter qu’on n’y connait rien (si on n’y connait rien)
Si vous n’êtes pas médecin, gynéco, sage-femme, spécialiste de la fertilité ou vous-même passé par un parcours de PMA, vous n’y connaissez rien et : ce n’est pas grave. Rien de pire que quelqu’un qui pense connaître quelque chose pour l’avoir suivi de loin, vu dans un documentaire, un film ou un podcast. Accepter qu’on ne sait rien, c’est presque philosophique mais pourtant c’est très aidant. Posez des questions, écoutez ! C’est ça, qui compte.
– Trouver l’équilibre (difficile) entre vouloir aider… sans envahir l’intimité
Quand on veut aider on a parfois du mal à trouver sa place… La PMA, que l’on soit en couple ou en parcours solo, touche à l’intime, à la sexualité. Il est tout à fait normal de ne pas savoir si l’on en fait trop ou pas assez. Le mieux reste d’en discuter pour connaitre les envies, les limites que la personne souhaite fixer.
– La PMA est une épreuve que certains préfèrent cacher, et c’est ok
Et oui, certain.e.s préfèrent rester discrets voire taire ce processus et c’est compréhensible, parce qu’il est difficile, long, méconnu et surtout, parce qu’il peut être synonyme d’échec. Cela met une énorme pression… En tant que proche, vous ne pouvez que respecter cette intention.
— Il n’y a pas de rôle idéal, juste un besoin de bienveillance
Le parcours de PMA est un tourbillon d’émotions, de celles qui ressemblent à un grand huit, de l’espoir, de l’attente et parfois de l’échec. Alors, pour faire face à tout ce panel de ressentis qui vont de l’angoisse à la colère en passant parfois par la dépression, la seule chose que l’on peut souhaiter c’est surtout, surtout, de la bienveillance. Montrer de l’indulgence, de la gentillesse, du soutien…
– Accepter que les émotions varient
Et oui, le parcours est intense, les hormones fluctuent, les nouvelles s’enchaînent et peuvent être bonnes un jour, puis mauvaises un autre. Vous vous sentez désarmé et c’est normal ! Personne n’attend de vous que vous soyez là pour régler quoi que ce soit ! L’important c’est de comprendre que ce parcours est fluctuant et de ne pas s’en étonner. Une parole ou un geste doit s’adapter à ces situations.
Voyons ensemble quelques do’s and don’t pour éviter les maladresses :
DO :
– Être présent, être à l’écoute
On parle ici d’écoute active, c'est-à-dire une oreille à qui l’on peut se confier, sans jugement, sans interruption, avec bienveillance. On peut aussi simplement dire à son ami.e : « Je suis là si tu as besoin de parler mais aussi pour te changer les idées. »
– Poser des questions sur le parcours
Se montrer curieux sur le parcours de PMA, c’est témoigner d’une volonté de comprendre ce processus complexe ! N’hésitez pas à poser des questions, même celles qui vous semblent « bêtes », on ne vous demande pas d’être parfait, loin de là !
- Demander comment on peut aider
Lorsqu’on se sent désarmé, rien de plus simple que de communiquer. Alors, si vous le sentez, vous pouvez demander si votre amie a besoin d’être accompagnée à tel ou tel rendez-vous, ou bien, proposer votre aide en termes d’organisation quotidienne par exemple ! Les rendez-vous peuvent parfois se chevaucher à des horaires compliqués…
– Avoir de petites attentions
Proposer un cinéma, une sortie, une balade, offrir un petit présent ou de l’aide, envoyer un petit message disant simplement « Je pense à toi » pour un rendez-vous… Quelle que soit la petite attention que vous choisirez, je suis sûre que cela regonflera le cœur de votre ami.e et que cela lui apportera un vrai réconfort croyez-moi !
- Alléger la charge mentale
Le parcours de PMA est très lourd pour la charge mentale. Entre les rendez-vous médicaux, les prises de sang, les injections, la fatigue accumulée, on peut vite se retrouver sous l’eau. En proposant de l’aide au quotidien (sans l’imposer !) vous ne pouvez pas mieux tomber.
DON’T :
- Dire que c’est dans la tête
Ou autre alternative : “il ne faut pas trop y penser.” Les phrases qui pour certains sont pleines de sens paraissent dérisoires et même vraiment insultantes. Chaque couple ou chaque femme se sent déjà bien vulnérable et souvent se jugent déjà bien assez pour que l’on vienne les abreuver de ces injonctions non-avenues.
– Les conseils non sollicités
Encore une fois, même si vous êtes passés par la PMA, ce qui a marché pour vous ne marchera pas pour quelqu’un d’autre… Ce serait si facile ! On évite donc les conseils avisés et non sollicités qui ne font jamais de bien!
- Dire que c’est « pour bientôt »
Malheureusement vous ne lisez pas dans le marc de café et vous n’avez pas de boule de cristal donc le mieux est vraiment de s’en tenir à des encouragements!
En conclusion, en proposant une oreille attentive, du respect, de la bienveillance, vous serez toujours une merveilleuse source de réconfort dans ce marathon que représente la PMA ! Grâce à votre aide, votre ami.e se sentira sûrement un peu moins seul.e. Dans un prochain article, nous vous partagerons le témoignage de Céline et Agathe qui ont eu recours à une ROPA en Espagne pour avoir leur petit garçon.