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La PMA, c'est quoi ?

Ce mois-ci, nous allons parler d’un autre volet qui touche la parentalité : le parcours du combattant de la Procréation Médicalement Assistée (aka PMA). Bon, la PMA, c’est un énooooorme sujet, très vaste, très tentaculaire, assez différent d’une personne à une autre. Je suis Chloé, la rédactrice du blog de Popote depuis 2017, je vous ai brièvement parlé de ma dépression post-partum puis de l’endométriose dont je souffre depuis mes 20 ans et aujourd’hui, si je prends la parole, c’est que je suis en parcours de PMA avec ma (future) femme depuis 2 ans et demi ! Alors, disons que je connais un peu le sujet… De plus, j’ai deux adorables frère et soeur nés de PMA et deux autres adorables nièce et neveu issus d’un don d’ovocyte ! Voilà, je vais donc tenter, avec humour et bonne humeur (car il en faut croyez-moi) de vous expliquer dans les grandes lignes les différents parcours de PMA que propose la France… légalement.  

 

1 - Qu’est-ce que la PMA ? 

 

- On entend beaucoup parler de la PMA mais concrètement, qu’est-ce que c’est me direz-vous ?  

 

La PMA regroupe toutes les techniques d’assistance médicale à la procréation que l’on appelle aussi dans le jargon AMP. Selon le site de l’inserm, la définition de la PMA serait la suivante : c’est un protocole qui consiste à manipuler un ovule et/ou un spermatozoïde pour favoriser l’obtention d’une grossesse. Elle permet de pallier certaines difficultés à concevoir, sans nécessairement traiter la cause de l’infertilité. Selon le magazine Parents  en 2025, il y avait 12 000 demandes de PMA avec don de spermatozoïdes et surtout de grands délais d’attente : 17,7 mois pour une PMA avec don de spermatozoïdes, 22 pour un don d’ovocytes…  

 

- À qui s’adresse-t-elle?  

 

La PMA est accessible à toutes les femmes de 18 à 45 ans (43 ans au moment de l’inscription au parcours) et jusqu’au 60e anniversaire pour le/la conjoint.e qui ne porte pas l’enfant. 

 

- Pourquoi y a-t-on recours ?  

 

Encore une fois, chaque parcours est différent mais bon, je pense que quelques profils se dessinent :  

 

- Parce qu’on est une femme célibataire qui souhaite faire un enfant seule 

 

- Parce qu’on est un couple de femmes  

 

D’ailleurs, rappelons qu’aujourd’hui l’ouverture de la PMA aux personnes trans est toujours un combat à mener. Ainsi que le recours à la GPA pour les couples homosexuels.  

 

- Parce que l’on rencontre des problèmes d’infertilité en tant que couple  

 

Les couples hétérosexuels qui ont recours à la PMA sont de plus en plus nombreux. En cause, plusieurs choses : on considère qu’il y a un problème d’infertilité si globalement il n’y a pas de grossesse au bout de 12 à 24 mois. L’infertilité est aujourd’hui en hausse notamment parce que l’âge du premier enfant recule et qu’il existe un déclin de la qualité ovocytaire passé 35 ans, ET aussi, parce que la qualité du sperme elle-aussi diminue…  

 

Les causes pour les femmes sont par exemple : le SOPK, l’endométriose, une insuffisance ovarienne, des trompes bouchées, une maladie ou juste une infertilité inexpliquée (les examens sont normaux mais la grossesse n’arrive pas).  

 

Pour les hommes, cela peut aller d’un spermogramme anormal à un problème anatomique ou même génétique.  

 

2 - Les différents parcours 

 

En France, il existe différentes techniques que je vous présente brièvement et de manière assez théorique :  

 

- L’insémination artificielle intra-utérine (IIU). Elle consiste à déposer dans l’utérus des spermatozoïdes qui ont été triés sur le volet pour ne garder que les meilleurs. Elle se fait soit avec le sperme de son conjoint soit via un don de sperme. C’est une technique indolore qui est réalisée à l’aide d’un cathéter souple par un gynécologue. Souvent, on propose un traitement hormonal à la femme qui portera l’enfant pour obtenir un maximum de follicules matures (c’est-à-dire qui ont le plus de chance d’être fécondé). Nous y reviendrons !  

 

- La Fécondation in Vitro (FIV) elle, est un peu plus complexe. Puisque l’on va prélever des ovocytes et les faire féconder en laboratoire avec des spermatozoïdes soit de son conjoint soit grâce à un don. La première étape sera un boostage hormonal en vue de prélever un maximum de follicules matures. Le dosage hormonal peut être plus important que pour une insémination car on souhaite un maximum de follicules. Quand ces derniers atteignent une taille suffisante (autour de 17mm), une injection d’Ovitrelle (ou autre) est réalisée, c’est la dernière étape de déclenchement. La ponction ovocytaire a lieu 36 heures plus tard très précisément. Cela se passe sous anesthésie générale ou locale selon le protocole de votre centre. Ensuite, en laboratoire, ces ovocytes sont mis en contact avec les spermatozoïdes dans une éprouvette (d’où le nom, pendant longtemps, de “bébé éprouvette”). Ils sont observés et cultivés pendant 3 à 5 jours puis transférés dans l’utérus et/ou congelés pour un prochain essai. Et ce, si la qualité le permet. Parfois, la qualité n’est pas suffisante pour être congelée.  

 

Enfin, oui, le don de gamète que ce soit de sperme ou d’ovocyte est possible mais sous certaines conditions, de manière très encadrée et avec des délais très longs.  

 
 

- L’accueil d’embryon 

En cas de risque de maladie génétique transmissible à un enfant, d’infertilité ou pour une femme seule, il est possible de faire une demande de don d’embryon.  

 

Voilà pour la théorie. Dans les faits : disons-le, les centres de PMA sont surchargés. Comptez 1 an en moyenne pour avoir un rendez-vous à Paris par exemple. Et ici je parle d’un premier rendez-vous, soit le point de départ d’un parcours. Les centres ont parfois des protocoles strictes, selon l’âge, la réserve ovarienne… Les délais sont très longs. Les pénuries sont légions. Sans parler du manque de personnel. Il faudrait bien un autre article pour montrer à quel point notre système de PMA est fabuleux mais aussi toutes ses limites, que ce soit sur les délais d’attente, la prise en charge, les plaintes voire les violences qu’elles soient physiques et/ou mentales. Un post Instagram en parle ici. La France a été pendant longtemps un pays de référence en termes de procréation médicalement assistée, mais aujourd’hui fait figure de vieille tortue. Le diagnostic pré-implantatoire est au coeur des débats chez nous comme le rappelle cet article du Monde daté d’avril 2026 mais bien légal ailleurs, et d’ailleurs Victoire Louapre nous en parlait dans son parcours de PMA récemment, il a fait toute la différence ! Aujourd’hui, que l’on soit hétéro, femme seule, lesbiennes, combien se tournent vers l’étranger ? Enfin pardon, combien se tournent à l’étranger quand ils ou elles ont les moyens? Car oui, l’Espagne, le Portugal, le Danemark et autres sont beaucoup plus avancés et proposent des parcours beaucoup plus efficaces et rapides mais… à quel prix ?  

 

3 - Comment se passe un parcours de PMA? 

 

La première chose à faire est de trouver le ou la gynéco qui vous suivra, avec qui vous avez un bon feeling si possible, c’est plus sympa ! Dans certaines villes, il existe des centres spécialisés dans la PMA et sur place, on trouve autant de gynécologues que d’échographistes… Pratique pour faire tous les examens demandés. Petit rappel que nous faisons ici un topo disons global, qui ne s’applique pas au cas par cas. Étant personnellement atteinte d’endométriose, d’adénomyose et du SOPK, mon traitement hormonal a été adapté. Mais essayons de dresser de grandes lignes :  

 
 

  • Examens  

Quel que soit le parcours, la première chose qui vous sera demandée sera une batterie d’examens aussi diverse que variée.  

 

Pour les hommes : Un spermogramme et ou spermocytogramme sera peut être demandé à votre conjoint si vous en avez un, pour déterminer la qualité des spermatozoïdes. C’est une sorte de test de fertilité pour savoir le nombre, la mobilité, l’aspect etc. C’est un examen non-invasif qui se fait en laboratoire. D’autres examens sont possibles : l’échographie testiculaire, le test de migration de survie voire un dosage hormonal.  

 

Pour les femmes, la liste est beeeeaucoup plus longue et plus invasive : citons les traditionnelles prises de sang pour doser les taux hormonaux, mais aussi la réserve ovarienne, une échographie des ovaires pour un comptage folliculaire, une possible hystérosalpingographie (pour vérifier la perméabilité des trompes) et ce, à des moments très précis du cycle.  

 
 

  • La stimulation hormonale  

 

Trois possibilités : dans le cadre d’une insémination, elle n’est pas systématique mais plus ou moins recommandée. Pour les FIV en revanche, afin d’avoir un maximum de follicules matures lors de la ponction, la stimulation hormonale est indispensable. Enfin, on peut avoir recours à la stimulation ovarienne sans être rentré dans un parcours de PMA officiel. Dans tous les cas, le but est le même : encourager la production d’ovocytes afin de maximiser les chances de fécondation. Elle se fait soit par voie orale, soit avec des injections quotidiennes d’hormones que l’on s’auto-administre la plupart du temps mais on peut aussi faire appel à une infirmière. En revanche ces piqûres sont à faire heure fixe, souvent le soir et pendant… une bonne partie du cycle ! Cette stimulation est une charge mentale à part entière, avec son lot d’organisation (le produit injectable se garde au frais !), de désagréments hormonaux qui varient d’une personne à l’autre cela va sans dire (prise de poids, irritabilité etc.). Bref, ce n’est pas “rien”. Et lorsqu’on les multiplie, n'en parlons pas.  

 
 

  • La prise de progestérone  

 

La progestérone, c’est un peu l’hormone de la grossesse. Que l’on en manque ou pas, on vous demandera probablement de la doser à un jour précis de votre cycle, mais quoi qu’il arrive, une prise de progestérone est conseillée. Et ce, après une insémination ou après une FIV. Cela se fait soit par voie orale mais le plus souvent par voie vaginale. Et oui, ces ovules de progestérone sont désagréables mais à prendre pendant minimum 2 semaines (jusqu’au test de grossesse), voire jusqu’à la fin du premier trimestre si grossesse il y a. Le but ? Que l’embryon s’accroche et éviter le risque de fausse couche. Dans de rares cas, on peut aussi faire des injections de progestérone malheureusement coûteuses et non remboursées.  

 

Voilà, grosso modo le topo. Ceci étant dit, n’oublions pas en parallèle, toutes les injonctions sous-jacentes. Dans un parcours de PMA, une femme surtout sera souvent jugée sur ce qu’elle mange, sur ce qu’elle boit, sur ses sorties, sur sa charge de travail, sur son métier, le fait qu’elle y pense peut-être “trop” ou “pas assez” etc. Ici, nous venons de faire un panel global de la PMA en France mais il faudrait probablement un livre entier pour recenser les vécus, les mots, la douleur, les larmes comme les joies de tout cela. Saluons d’ailleurs le travail immense de Paillette magazine, le magazine de référence sur la PMA distribué dans les centres et sur internet.   

 

Pour conclure, oui, c’est un gros résumé de ce que propose la PMA aujourd’hui en France, malheureusement, nous n’avons pas la place de tout relater. Mais nous savons bien qu’il est beaucoup plus complexe et ce, d’un couple à l’autre. Dans un prochain article, nous essaierons d’évoquer comment soutenir des proches en parcours de PMA.